Mexique , Amérique du Nord

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Conditions de l'homosexualité

Contexte juridique :
L’homosexualité est légale depuis 1872. En 2003, l’orientation sexuelle a été reconnue comme motif de discrimination prohibé, mais le Conseil national contre la discrimination demeure peu effectif.

Contexte social :
Si la visibilité et l’acceptation de l’homosexualité sont croissantes dans les milieux urbains, notamment à Mexico et dans les zones touristiques comme Acapulco et Puerto Vallarta, il faut faire très attention à ne pas généraliser ce constat à l’ensemble du pays ni à tous les homosexuels. En effet, la culture machiste très hétérosexiste est encore largement présente dans les régions rurales et même parmi certaines populations urbaines. Cette culture met particulièrement à risque les hommes homosexuels efféminés qui sont méprisés dans la culture machiste.

De plus, les conditions économiques difficiles de plusieurs nuit à l’indépendance des jeunes par rapport à la famille et contribue ainsi à rendre l’homosexualité invisible, ce à quoi il faut ajouter la franche hostilité de l’Église catholique.

Qui plus est, les zones fréquentées par des homosexuels, à Mexico entre autres, sont contiguës et ne fournissent pas un milieu de vie complet : au-delà du divertissement, les personnes de minorités sexuelles ne peuvent toutes habiter et travailler dans ces zones. Par conséquent, elles ne peuvent pleinement éviter l’hostilité de la population et des autorités policières.

De nombreux cas de violence homophobe sont répertoriés, y compris un nombre de meurtres très élevé : entre 1995 et 2006, il y aurait eu 420 meurtres dont le motif serait l’orientation sexuelle de la victime. Bien que la validité de ces chiffres soit contestée, il est admis que la violence est une menace qui pèse sur les homosexuels mexicains. De plus, ces meurtres, qui visent presque exclusivement des hommes homosexuels et des transgenres et transsexuels, sont généralement très violents et accompagnés de viols.

La police est souvent négligente, voire indifférente, à l’égard de ces cas de violence homophobe et les préjugés homophobes tendent à exonérer les meurtriers aux yeux de plusieurs personnes. La violence verbale est la principale forme de victimisation des personnes de minorités sexuelles, suivie de la violence sexuelle et de la violence physique. Les principales victimes demeurent les hommes qui, par leur apparence efféminée, violent les stéréotypes de genre, l’androcentrisme qui valorise la virilité et l’hétérosexisme, trois phénomènes très importants dans la société mexicaine.

Bien que les homosexuels soient officiellement protégés contre la discrimination, il faut noter une forte dissonance entre les lois et leur application. Des cas de descentes contre des lieux fréquentés par des minorités sexuelles ont été documentés, ainsi que des cas de harcèlement, d’extorsion et de brutalité policière.

Lorsque des victimes homosexuelles osent porter plainte, il n’est pas rare que les policiers refusent de traiter leur plainte, et affichent un mépris ouvert à l’égard de ces personnes.

Référence : Ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles du Québec